Consentement et culture du viol

Aujourd’hui je vais te parler de consentement sexuel et de la culture du viol.

Attention je te préviens, dans cet article je vais également parler de viol. Si c’est un sujet trop difficile à appréhender, ne poursuit pas cette lecture, ce n’est pas grave.

Donc pour cet article, pas de nouveau sextoys ou quoi que ce soit. Aujourd’hui je vais te faire un topo, en me basant sur mon expérience et mes connaissances sur la culture du viol. Je n’ai pas la science infuse, et ce que je vais dire est subjectif alors si tu n’es pas d’accord, exprime-le en commentaire. Je précise également que j’ai une sexualité principalement hétérosexuelle avec des hommes cis. Je ne serais donc peut-être pas parfaitement inclusive puisque je vais parler de ce que je connais principalement, je ne parlerai pas de ce que je ne connais pas.

La culture du viol qu’est ce que c’est ? 

D’après Wikipédia “La culture du viol est un concept sociologique utilisé pour qualifier un ensemble de comportements et d’attitudes partagés au sein d’une société donnée qui minimiseraient, voire encourageraient le viol.” 

Pour moi, la culture du viol c’est “simplement” le fait de banaliser certaines violences sexuelles au point qu’elles ne sont plus vues ou alors niées comme étant violentes. 

La culture du viol c’est apprendre à une femme qu’elle doit faire plaisir à son homme même si elle n’en a pas vraiment envie.

La culture du viol c’est aller jusqu’à prendre une scène de viol pour la romantiser. Oui oui. Je suis même pas sûre que le mot “romantiser” existe, mais tu comprends très bien ce que je veux dire.

Il m’aime tellement, il me trouve tellement belle qu’il ne pouvait pas s’empêcher de me faire l’amour, même si je n’en avait pas envie” *coeurcoeurcoeur*. Personne ne voit le problème la ?

Il y plusieurs point clés si je puis dire dans la culture du viol : normaliser les violences ( voire les romantiser ), décrédibiliser les victimes, avoir une notion biaisée du consentement.

Le viol conjugal 

C’est un des points qui me fait le plus peur à l’heure actuelle. Aujourd’hui on peut entendre beaucoup de nanas dire que “elles n’avaient pas trop envie mais elles l’aiment alors pour lui faire plaisir” “non mais ca ferait une semaine alors le pauvre” “je lui avais dit non deja 2-3 fois après je culpabilise”. Alors oui mais non en fait.

J’ai subi le viol conjugal. Et j’ai mis très longtemps à l’accepter parce que dans mon esprit ( merci les films, les “cours d’éducation”, etc.. ) un viol c’était violent, avec coups et blessures. Une vraie bagarre.

Non le viol conjugal c’est aussi toi qui cède à la pression, à l’agacement, à l’usure, à cause de plein de raisons.

Évidemment il existe aussi les violences conjugales avec coups cris et insultes. 

Le vrai problème ici ? Les notions de consentement qui ne sont pas bien claires, pour personne. 

Le consentement c’est quoi du coup? 

Le consentement sexuel c’est être d’accord pour avoir des relations sexuelles, PARCE QU’ON EN A ENVIE. 

Pourquoi personne n’écrit cette dernière partie ? 

  • Céder sous la pression n’est pas consentir. 
  • Céder pour faire plaisir n’est pas consentir. 
  • Céder par culpabilité n’est pas consentir. 
  • Continuer parce que on a dit oui plus tôt n’est pas consentir.
  • Céder sur tout parce qu’on a envie d’un peu n’est pas consentir.

Être d’accord sous la pression, être d’accord sous la menace, être d’accord par lassitude, être d’accord pour faire plaisir, ce n’est pas consentir. C’est se fourvoyer. La pression psychologique peut-être très forte et dévastatrice. 

Vous pouvez retrouver sa bande dessinée ici : Emma C’est pas bien mais …

Attention je ne jette pas du tout la pierre aux personnes qui sont dans ce cas-là, je l’ai été moi-même. 

Je jette la pierre à l’éducation qui ne nous explique pas correctement le consentement, qui nous dit que nous devons faire plaisir  l’autre “même si” , je jette la pierre à la société, à la culture du viol qui minimise ces actes et surtout leur repercussions.

Je jette la pierre au porno mainstream qui participe activement à cette culture, de même que certains films, chansons, photos, publicités…

On doit consentir par envie au moment même. 

Si ce matin tu avais bien envie mais que finalement le soir tu es fatiguée et l’envie t’es passée tu as le droit. 

Si tu as envie de préliminaires mais que tu n’as pas envie de plus tu as le droit. Tu as même le droit de t’arrêter en plein milieu. Et oui. 

Le consentement c’est par envie, au moment-même, sur les actions mêmes.

Le rapport sexuel doit être un acte consenti par envie des deux parties. 

On entend et on lit parfois ( beaucoup trop ), que en secret la victime voulait. On scénariste beaucoup le “viol consenti”. On parle du fantasme de viol. 

On voit tous.tes une scène dans un film ou un homme grand et fort commence à forcer une jolie petite femme. Parce qu’il sait qu’au fond elle en a envie. Et madame se débat mais c’est pour la forme. Ils finissent par baiser passionnément comme deux amants éperdus de désir. Ça c’est la culture du viol dans toute sa splendeur. Une de ses splendeurs au moins.

Parce que pour revenir sur le consentement : dire non c’est une chose. Mais si l’autre se retrouve dans l’incapacité d’exprimer un “non” ( sommeil, alcool, drogues… ) part du principe que c’est NON. Facile hein ?

Vous pouvez retrouver sa bande dessinée ici : Emma C’est pas bien mais …

Un viol c’est un viol

Et pas un “c’était rien”, “c’est pas grave”. 

C’est un point très important dans la culture du viol : minimiser les actes. 

Je l’ai déjà dit plus haut, quand on comprend qu’un viol n’est pas forcément avec coups et blessures ( je résume le stéréotype comme ça ), il y a d’un coup beaucoup plus d’actes autour de nous. 

Les agressions sexuelles sont tellement banalisées et minimisées dans notre éducations que même les victimes arrivent à trouver des excuses à leur agresseurs, mais vous vous rendez compte ?!

On peut entendre parfois des stupidités comme :
s’il n’a pas éjaculé ce n’est pas un viol
si elle n’as pas eu d’orgasme ce n’est pas un viol”,
“elle était bourrée elle a pas dit non donc je ne l’ai pas violée” ,
elle dormait”,
elle portait une jupe”.

Petit rappel , d’après Wikipédia toujours : “Le viol est l’acte par lequel une personne est contrainte à un acte sexuel (le plus souvent un rapport sexuel) par la force, surprise, menace, ruse ou, plus largement, sans son consentement.” 

Acte Sexuel. Ce qui veut dire qu’une fellation, un cunni, juste un doigt, l’utilisation d’un sextoys…. tout ce que TU considère comme un acte sexuel, fait partie du viol.

Oui forcer à une fellation c’est violer. Point. 

Et la victime ? 

Dans notre chère culture du viol, on voit beaucoup de décrédibilisations plus stupides les unes que les autre pour nier le viol. 

On en parlait plus haut, mais prétendre qu’elle se débattait et disait “non” pour la forme, c’est décrédibilisant. C’est insultant, c’est encore une violence.

Ma “préférée” ( c’est ironique, je précise au cas-où ), reste les commentaires sur la tenue. Malheureusement ce sont des arguments très utilisés et qui en plus peuvent parfois faire mouche. Il n’y a pas si longtemps, un homme à été acquitté de viol parce que sa victime portait un string. 

Des sondages nous disent que certains français pensent que la tenue de la victime peut-être une raison de violer. “Ah ouais mais regarde-la aussi la, elle m’aguiche avec sa petite jupe”. Oui mais non. 

Il faut aussi bien intégrer ça : mini-jupe talons ou jogging basket, ou maillot de bain, ou camping naturiste, ou tailleur, tenue de travail….. etc : AUCUNE TENUE, AUCUN VÊTEMENT ne justifie un viol. 

UN VIOL N’EST JAMAIS LA FAUTE DE LA VICTIME

Les autres aspects : 

La culture du viol ce n’est pas seulement le viol par pénétration, l’acte sexuel.

C’est aussi le harcèlement au quotidien : les mains au cul qui devraient pas, les blagues sexistes qui ne devraient pas, les propositions appuyées dérangeantes, les insultes. 

Tous ces aspects sont souvent minimisés dans notre vie “oh ca va c’est qu’une blague tu sais bien qu’il aime l’humour gras” , “c’est bon c’est qu’un idiot qui t’as mis une main au cul on va pas y passer la soirée” …. 

Une fois de plus on décrédibilise les victimes, on minimes les actes, et tout le monde est ok avec ça. 

Mais on fait quoi du coup ? 

Souvent, je me sens totalement désemparée face à cette culture omniprésente et si ancrée. J’en ai été une victime. Je l’ai compris je l’ai accepté et j’ai voulu m’en sortir, devenir actrice principale de ma sexualité. Et ça c’est passé par une rééducation totale de ma vision des choses vis-à-vis de la sexualité. Et ça a prit du temps, et ce n’est pas fini. 

Aujourd’hui je grince des dents quand je vois de la propagande de cette culture. J’ai le coeur serré quand je vois des jeunes filles ne pas se rendre compte de la problématique. 

Il faut éduquer cette société. Éduquer sur le fait qu’une femme ne doit rien à un homme sur le plan sexuel. Même dans la cadre du mariage. Et un home ne doit rien à un homme, une femme à une femme non plus. En fait : personne ne doit rien à personne sur le plan sexuel, quelque soit le contexte. 

Il faut éduquer au consentement : que ce soit le droit de dire non, et l’interprétation du non. 

Un non c’est non. C’est pas peut-être, c’est surtout pas non-mais-oui. 

L’absence de non n’est pas forcément oui non plus. 

Il faut éveiller les consciences sur la culture du viol : arrêter de minimiser les aggressions, arrêter de culpabiliser les victimes, arrêter de laisser les violeurs s’en sortir. 

Arrêter de montrer la femme comme un objet, de romantiser des scènes de viols dans les films, d’en créer des fantasmes dans les pornos. 

Arrêter de conditionner les femmes à être des “proies” : on nous apprend depuis petites à accepter les câlins, les bisous parce que qu’on est “mignonnes”, on nous apprend qu’il est normal que les hommes veulent nous toucher et ne peuvent pas s’en empêcher.

On nous apprend que l’on doit du sexe. Oui exactement : un garçon est gentil, il est attentionné : on lui doit du sexe. OUI MAIS NON.

On nous apprend que c’est à nous femmes de s’habiller de manière moins “provocante”. C’est à nous d’adopter des techniques pour ne pas être emmerdées. 

Et si on apprenait aux filles à assumer leurs envies et aux garçons à les accepter, à les écouter, à respecter les femmes. Respecter leur corps, leurs envies, leur intégrité. 

Apprendre ce qu’est le consentement et pourquoi c’est important. 

STOP. 

Vous pouvez retrouver sa bande dessinée ici : Emma C’est pas bien mais …

image mise en avant : Maude Bergeron

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