Enchantée, je suis une femme fontaine

Aujourd’hui je reviens pour te parler d’un sujet très compliqué et très perso aussi.
Il y a plusieurs années j’ai découvert que j’étais ce qu’on appelle communément, une femme fontaine. Cela m’est arrivé pendant une séance de masturbation alors que j’étais seule.

La découverte :

Je crois que quelque part, dès le début de ma sexualité j’ai toujours su que je l’étais. Sans savoir ce que c’était.
Souvent, lors de rapports sexuels ( et toujours en plaisir solo ) je ressentais comme une envie soudaine d’uriner. Je bloquais alors tout, la plupart du temps en stoppant toute action. Je ressentais à la fois gêne, frustration, colère (???) et incompréhension.

Jeune mon premier réflexe a été de me dire que je souffrais d’incontinence urinaire. Sauf que non, je sais me retenir de faire pipi quoi!

Donc je suis allée chercher des informations sur internet. Et la je me suis confrontée à un mur.. Les informations étaient très rares ( et d’ailleurs le sont toujours ). Mais je suis quand même tombée plusieurs fois sur le terme de femme fontaine… et du tabou et de l’incompréhension qui l’entoure.

J’ai fini par tout laisser sortir un jour, accidentellement. Une sorte de lâcher-prise qui m’a prit par surprise ! Alors j’ai coulé, expulsé. Heureusement, ce jour-là j’étais seule. Mais même seule j’ai eu honte. J’avais vraiment l’impression d’avoir fait pipi.

La seule chose dont j’étais sûre c’est que je n’avais pas eu d’orgasme.

J’ai emprunté le costume de Sherlock

Je voulais savoir ce qu’il m’arrivait, ce que c’était, et surtout, je voulais savoir comment l’arrêter.

Sur internet j’ai appris que la femme fontaine explusait un liquide inodore et incolore au moment de l’orgasme.

Ce n’était pas le cas pour moi. Je n’avais pas eu d’orgasme cette fois-là, et je sentais bien que … bah ça avait une odeur quoi!

Le bloquage

Face à si peu de réponses j’ai tout bloqué.
Dès que l’envie d’uriner se faisait sentir lors d’une masturbation en solo ou d’un rapport sexuel j’arrêtais tout.
J’avais trop honte. Je me sentais sale, et différente dans le mauvais sens du terme. Je pensais avoir un problème. J’aurais voulu allez voir un gynéco ou une sage-femme pour parler de mon problème et savoir si on pouvait me réparer, mais j’avais trop honte pour en parler à voix haute.
Internet me disais que c’était comme de l’eau au moment de l’orgasme et j’y ai cru. Donc j’étais anormale.

J’étais aussi en colère parce que je ne voulais pas que ça m’arrive à moi. Je voyais ça comme un réél handicap à mon plaisir et à l’épanouissement de ma vie sexuelle.

Alors pendant plusieurs années, je bloquais tout, j’intérompais tout.
Quand le sujet venait en conversation avec des amis et qu’ils disaient « Oh ça doit être trop bizarre, t’imagine la galère » je répondais « Ouais c’est clair, heureusement que je suis pas comme ça ».

Mon chéri

Je crois que je me souviendrais toujours de la première nuit passée avec mon chéri.
Cette nuit la j’ai trempé le matelas. À plusieurs reprises. Et le plus incroyable : sans m’en rendre compte.
Je pensais que l’humidité sous mes fesses était de la sueur. Et j’ai fini par réaliser que non.
J’étais incroyablement gênée, j’avais envie de disparaître, de ne plus jamais revoir cet homme qui devait être dégouté par ma personne.
Il a rigolé et il m’a dit « C’est bien, il y en a une qui se lâche! C’est cool de te voir prendre tout ce plaisir ». Mon cerveau a court-circuité. Comment ça c’est cool ? Comment ça je ne suis pas sale, incontinente, bizarre, anormale? je suis… « cool » ? Impossible.

Plus tard on en a reparlé. Lui voyait ça comme l’expression de mon plaisir. Alors il trouvait ça top. Non il ne trouvait pas ça sale ou dégradant ou quoi que ce soit que je m’étais mis en tête.

Alors la vingtaine passée je me suis remise à enquêter.

Sherlock le retour

Avant de me concentrer sur savoir ce que c’était, je me suis concentrée sur les témoignages. D’hommes comme de femmes.
J’ai été stupéfaite. Déjà parce que ce que je pensais être une anomalie se retrouvait chez pas mal de femmes. Ce n’était pas aussi rare que ce que je pensais.
Beaucoup de femmes décrivaient cela comme un plaisir immense, une autre dimension, une satisfaction incroyable. Elles étaient fières d’être fontaines.
J’ai lu aussi des témoignages de femmes qui au contraire n’aimaient pas, n’assumaient pas, auraient aimer se débarasser de cet aspect de leur sexualité.

Mais ce qui m’a le plus surpris, ce sont les hommes. Des dizaines d’hommes exprimant l’adoration pour les femmes fontaines, les recherchant. Certains fiers d’avoir une femme comme ça. Ne voyant à travers cet émission de liquide que l’expression d’un plaisir décuplé dont ils étaient la source. ( Ouais ça booste leur égo quoi ).
Et il y en avait même qui n’avaient jamais connu de femmes fontaines mais qui en rêvaient. Comme si c’était le Saint Graal.

Ça m’a beaucoup rassurée de me rendre compte que je n’étais pas seule, et que je n’allais pas rebuter le moindre partenaire.

Où j’en suis aujourd’hui ?

J’ai accepté ce que j’étais. J’en rigole même parfois!

Aujourd’hui je connaîs le phénomène et je n’essaie plus de le bloquer ( bon ok pas toujours ).
Est-ce que j’en suis fière ? Non.
Est-ce que j’aime ça ? Bof.
Est-ce que j’aimerai ne pas l’avoir ? Oui je crois.

Je ne fais pas partie de la team « Être fontaine c’est trop cool! » mais plutôt « Je préférerai m’en passer ».

Mon chéri m’a un jour dit « Si tu ne l’étais plus, il me manquerait un truc ».
Moi je trouve que ce serait quand même plus simple.
Car même si aujourd’hui j’accepte tout le plaisir que me procure mon chéri sans me « bloquer », il y a des inconvéniants non négligeables à mes yeux qui m’enquiquinent la vie.

Ce qui à changé depuis que j’assume d’être une femme fontaine

Commençons par le négatif pour terminer sur une meilleure note je vous prie.

Dans la catégorie « c’est nul » je voudrais :

Les lieux publiques sont bannis. Parce que oui, j’ai toujours voulu essayer dans une cabine d’essayage, dans un restaurant, au cinéma… Mais maintenant je risquerais de tout tremper. Il faudrait pouvoir être sûre de s’arrêter avant, mais parfois je ruisselle sans prévenir. Trop risqué. En plus, même si je me moquais de la discrétion, détérioration etc… ( ce qui n’est pas le cas ) ; je me retrouverais tout de même trempée, mon partenaire avec. Ce qui signifie avoir des vêtements de rechange, et pouvoir les enfiler. De toute façon je ne supporte pas ne pas me rincer après. Donc à part à la plage ou à la piscine, c’est compliqué. Super risqué de jouer avec un sextoys connecté en extérieur aussi.

Il n’y a pas qu’en extérieur que c’est compliqué : j’ai du investir dans des alèses super méga imperméables pour mon lit. Mais ça ne suffit pas, non. Parce que déjà je dois faire des machines tout le temps ( c’est pénible et pas écolo ), et puis le temps de nettoyer tout ça, si j’ai envie de coquiner je fais comment ? C’est d’ailleurs pour ça que je lorgne sévèremment sur des draps imperméables vinyls. Mon rêve ? Un lit pour dormir et un pour baiser.
Avec chéri on dort souvent à même le matelas parce que l’alèse est à la machine. Ou alors on fait nos bêtises par terre juste devant le lit. Et après on passe la serpillère.
Ou alors on doit mettre pleins de serviettes entre nous et le matelas, mais ce n’est pas toujours suffisant.

Et puis quand on est pas chez soi mais chez quelqu’un d’autre ? Famille-amis .. Il faut se retenir. Et maintenant que j’ai appris à lâcher-prise, je DÉTESTE me retenir.

La spontanéïté a quasiment disparu de nos vies. Il ne peut pas me chauffer n’importe où sous peine que ça déborde. Quand je pars, je pense toujours à prendre une ou deux serviettes en plus « spécial fontaine« , à prendre plus de vêtements de rechanges « au cas-où ».

Les endroits où j’arrive complêtement à me lâcher maintenant sont la douche/baignoire et les saunas libertins. Ailleurs j’ai souvent une certaine retenue.

Je suis une fontaine quasiment systématique : il est rare que ça ne m’arrive pas lors d’un rapport, c’est forcément le cas en masturbation solo. Ça m’arrive aussi plusieurs fois lors d’un même rapport.

Et en un peu moins péjoratif?

Par contre d’un aspect un peu plus positif, maintenant que j’ai accepté cet aspect de moi, je ne bloque plus mon plaisir. Je prends donc 1000 fois plus mon pied qu’avant! À ne plus me bloquer, je ressens des trucs inconnus pour moi avant. Je découvre de nouvelles sensations. J’apprends à me laisser aller, à accepter tout le plaisir qu’on me donne.

En conclusion :

Ne venez pas me demander comment devenir femme fontaine. Déjà je n’en ai aucune idée puisque c’est survenu naturellement chez moi.
Et puis sachez que je ne vous comprends pas, vous qui voulez l’être. Disclaimer ! Je rappelle que je suis de la team « J’aimerai m’en passer ».

Même si aujourd’hui j’embrasse ma sexualité dans son intégralité, les inconvénients pèsent toujours plus lourds dans la balance. Je me sens limitée et bloquée par ces émissions la où d’autres trouvent ça merveilleux. Je respecte ça et c’est tant mieux. Ce n’est pas mon cas et c’est un ressenti qui m’appartient.

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