J’arrête les hormones

Aujourd’hui je reviens pour te parler d’un sujet très vaste, qui touche à la sexualité mais pas que : la contraception.

Alors je ne vais pas te parler de tous les types de contraception mais plutôt de mon histoire pour pouvoir enchaîner les parties de jambes en l’air sans faire de demi-mini-moi.

Je ne prendrais pas ici en compte l’aspect MST, puisque ce n’est pas le sujet du jour : tous les partenaires avec qui je pratique sans préservatifs sont des partenaires de confiance où les tests de depistage ont étés réalisés.

Je vais te parler ici de mon évolution face aux hormones depuis mon adolescence.

Première contraception

J’ai d’abord commencé avec la pilule. Adolescente j’ai commencé à avoir une vie sexuelle active et je ne voulais surtout pas risquer la grossesse. Alors, en plus des capotes j’ai voulu prendre la pilule.

J’avais de la chance : mes règles passaient comme une lettre à la poste sans aucune douleur, je continuais à vivre ma vie sans soucis pendant, et mes cycles étaient réguliers. Je voyais mes copines prendre la pilule pour réguler leur cycles, arranger leurs problèmes d’acnée, limiter la douleur… Moi je n’avais aucun de ces problèmes mais j’avais un chéri et une légère tendance à la dramatisation « Non mais imagine si la capote craque » avant chaque rapport.
Bref je suis allée voir ma gynéco pour prendre la pilule.

J’ai pris cette contraception pendant presque 2 ans. Oui j’ai mis 2 ans à me rendre compte qu’elle n’était pas adaptée pour moi. Trop tête en l’air, j’oubliais un cachet sur trois. Au moins. Des fois je pouvais l’oublier pendant 5 ou 6 jours d’affilée. Alors oui j’ai essayé pleins de trucs : double alarme sur le téléphone, la poser sur sa table de chevet, à côté de sa brosse à dents, la garder en permanence dans son sac ( mais comment on fait quand on a 4 sacs ? ).
En clair ça n’allait pas du tout, je faisais l’amour en me croyant protégée pour réaliser plus tard qu’en fait, non. Sur ces 2 ans de pilule j’ai pris 5 fois la pilule du lendemain.

Deuxième contraception :

Comme la pilule n’était définitivemment pas pour moi, j’ai décidé de partir sur un implant.
Ce petit bâtonnet qu’on glisse dans le bras délivre en permanence des hormones pendant 3 ans. Pas besoin de penser à quoi que ce soit. Toujours « under protection ». Eh ouais.
La plupart des femmes sous implant n’ont plus leurs règles. Ça quasiment été mon cas. Quasiment car en 3 ans et demie, je les ai eues 2 fois, pendant une petite après-midi à chaque fois. J’étais aux anges. Je pouvais coquiner sans problème tout le temps, plus besoin d’avoir de tampons ou de serviettes, le rêve.

Ou presque.

Mon comportement, mon caratère avaient changés. Merci à mon entourage proche de m’avoir ouvert les yeux à ce propos d’ailleurs. J’étais beaucoup plus sujette aux sautes d’humeur, plus désagréable de manière générale, je partais au quart de tour à la moindre remarque qui ne me plaisait pas.

Et puis physiquement j’ai découvert ce qu’était la retention d’eau. L’acnée. La sécheresse vaginale.

À côté de ça j’ai commencé à m’intéresser au Yoga, à la méditation, au developpement personnel. Et je me suis très vite rendue compte que quelque chose n’allait pas. Ne pas avoir ses règles pendant 3 ans n’était pas naturel. Je bloquais mon cycle et je le sentais à l’intérieur, que ça n’allait pas. Alors j’ai décidé d’enlever mon implant. Il ne me convenait plus. Ce qui avait été une joie auparavant devenait un handicap. Je voulais avoir mes règles. Je voulais sentir mon corps fonctionner et vivre.

Alors j’ai enlevé l’implant.

Troisième contraception :

Je me retrouvais donc sans contraception et avec un chéri. Je savais que je ne voulais plus d’hormones alors on a opté pour le préservatif.
Je savais déjà que je n’aimais pas ça, mais cette période me l’a confirmé. Jamais je ne pourrais me contenter d’une contraception au préservatif.
Ça pue, ça me coupe dans l’acte, les sensations sont moins fortes, c’est pas écolo, je déteste toucher ce truc ( tu vois quand tu marches sur une algue dans la mer ? Bah pareil. ).
Alors oui le préservatif je l’utilise avec un nouveau partenaire. Mais c’est tout.

Bien sûr ces ressentis sont tout à fait personnels. 

Quatrième contraception :

Du coup j’ai opté pour les patchs contraceptifs. Je ne voulais plus d’hormones je le savais, mais j’étais à ce moment-là dans l’impossibilité de voir un/e gynéco pour un stérilet en cuivre. Donc je me suis faite prescrire des patchs contraceptifs.
J’en ai utilisé presque un an finalement. Et c’était pas cool.
Déjà avoir quelque chose d’externe collé sur ma peau, ça me plaisait vraiment pas. En plus je trouvais ça sale. Ouais en vacances d’été le sable, la mer pas super propre etc… Non.
Ensuite ils m’irritaient. Quand je les mettais au niveau de la hanche j’avais super mal au ventre toute la semaine, et quand je les mettais derrière l’épaule ça me démangeait et me faisait pleins de petits boutons.
Et puis j’oublais constamment quel jour j’avais mis le patch et donc quel jour je devais en changer.. La cata.

Et puis mon chéri m’a fait une remarque qui m’a fait arrêter. En effet il m’a d’abord fait remarquer que je redevenais aigrie et désagréable dès que je recollais ces patchs. Comme quand j’étais sous implant. Les semaines avec et les semaines sans, c’était le jour et la nuit.
Et puis il m’a fait remarqué une autre chose très importante : dès que j’étais sous hormones, ma libido disparaissait.

Je vous le demande, quelle est l’utilité de prendre une contraception pour pouvoir s’amuser au lit, si dès qu’on la prend on n’a plus envie de rien ? À rien en effet. C’est contre-productif !
Alors j’ai arrêté les hormones complêtement.

Cinquième « contraception » :

Oui contraception entre guillemets. Parce que à vouloir supprimer les hormones, sans possibilités de consulter un/e gynéco, à ne pas supporter le préservatif que nous restait-il ? La contraception naturelle.
Si tu ne sais pas ce que c’est, cela consiste à écouter son corps et à calculer où nous sommes au niveau de notre cycle pour faire l’amour aux moments les moins proprices à la fécondation. Alors je comptais les jours, moi qui ai la chance d’avoir un cycle régulier, j’étudiais l’aspect de mes pertes, et surtout je stressais à mort. On pratiquait en parallèle la technique dite du retrait qui consiste à sortir le pénis du partenaire hors du vagin juste avant l’éjaculation pour éviter la fécondation.

C’était frustrant, stressant, un peu inconscient à mon sens : on a joué avec le feu, clairement.

Sixième contraception :

Récemment j’ai enfin pu consulter une gynécologue et me faire poser un stérilet en cuivre.
C’est tout récent alors je ne vais pas encore pouvoir te donner mon ressenti dessus, mais pour l’instant, rien que le fait de pouvoir refaire l’amour sans inquiètudes me fait un bien fou!

Depuis l’arrêt des hormones :

J’ai d’abord commencé par redécouvrir ce que c’était d’avoir un cycle. Je sens mon état d’esprit évoluer en le suivant, mon corps aussi, mes envies ( et donc ma libido ) également. Je me sens en phase avec moi-même en permanence.

Même si j’ai parfois des périodes un peu plus creuses suivant mon cycle par rapport à ma libido, j’ai beaucoup plus de désir qu’avant.

J’ai l’impression de mieux contrôler mes émotions et mes réactions.

Physiquement, le sexe a prit une toute autre dimension. C’est un peu comme si j’avais toujours été myope et qu’en arrêtant les hormones j’avais mis des lunettes ( quoi elle est foireuse ma métaphore ? ). Je t’explique. Avant quand je faisais du sexe, je ressentais du plaisir évidemment, mais c’était flou. Par exemple lors d’un cunnilingus, je prenais du plaisir mais sans savoir exactement comment. Aujourd’hui je sais où est la langue, le mouvement qu’elle fait etc… Détails que je n’arrivais pas à distinguer avant.
J’ai l’impression que mes sens sont exacerbés lors d’une partie de sexe, je ressens toutes les caresses, les baisers, les mouvements beaucoup plus intensémment et distinctemment qu’avant.

Sans rapport à la sexualité, mon acnée à miraculeusement disparu, par contre maintenant dès que j’ovule, je le sens et je le vois : mon ventre est super gonflé !
J’ai des règles beaucoup plus douloureuses, et j’ai parfois des symptômes pré-mentruels que je n’avais pas avant comme les seins douloureux.

Bilan :

Je suis plus que ravie d’avoir arrêté les hormones. Bien qu’il soit trop tôt pour que je donne mon avis sur le stérilet en cuivre, je me sens pour l’instant en accord parfait avec cette contraception. J’espère que tout ira bien avec!

Comme tu le vois, ma vie contraceptive n’est pas un long fleuve tranquille, et je ne dis pas que tout le monde devrait arrêter les hormones : il y a des personnes à qui cela convient parfaitement.
De même je connais des couples qui ne fonctionnent qu’avec préservatif alors que j’en suis incapable personellement.

La seule méthode que je déconseillerai vivement est la contracption naturelle, retrait et compagnie. Trop peu fiable, très stressant.

Et de tout ce que je retire de tout ça, c’est de s’écouter : si tu sens que quelque chose ne va pas avec ton corps et ta contraception, si tu discernes des points négatifs ( comme moi la sécheresse vaginale, les sautes d’humeur, l’acnée…) n’attends pas pour changer. Si au fond de toi tu sens que cette contraception ne va pas alors changes-en. Ce n’est pas parce que tu viens de te faire poser un implant ou un DIU qui dure 3 ans que tu dois le garder 3 ans. Je ne me suis jamais assez écoutée de ce côté-là alors que je savais très bien quels problèmes il y avait et je l’ai toujours regretté.

Trouver la contraception adéquate qui nous convient parfaitement n’est pas tâche aisée, mais en s’écoutant et avec du temps je suis sûre qu’on finit par y ariver! Et puis elle n’est pas définitive, ce qui nous convient à un moment donné ne nous conviendras peut-être plus plus tard.

Écoutez-vous c’est le principal !

2 commentaires sur “J’arrête les hormones”

  1. Perso je suis dans la team préservatif depuis toujours, jamais eu de contraception hormonale (et je ne pense pas en avoir un jour). J’aimerais bien essayer une autre contraception, toutefois. Comme tu l’as dit, le préservatif c’est pas toujours pratique ni agréable (bien que nécessaire pour les partenaires non dépistés tout ça tout ça), mais j’ai aussi peur en changeant de contraception, de perdre le réflexe du préservatif si je suis amenée à coucher avec un inconnu, c’est idiot ahah. Quoi qu’il en soit, je me dis que je devrais peut être tester le stérilet en cuivre un jour, moi aussi.

    1. Comme quoi, depuis le début de ma vie contraceptive je suis persuadée que toutes les filles prennent la pilule et que je suis la seule à chercher partout et surtout à vouloir supprimer les hormones. Et bien quand je lis toutes les réactions ( notamment sur Twitter plus que directement ici ) je me rends compte qu’on est beaucoup à ne pas vouloir d’hormones.
      Je pense que mon réflexe du préservatif est porté par la crainte d’une MST, c’est pour ça que j’y pense et n’y déroge pas. Si pour l’instant tu es bien comme ça, il n’y a pas de raison d’en changer. C’est à toi de voir! 😉

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